Le French kiss

Tout le monde appelle un baiser avec la langue un « French kiss », les étrangers comme les français (qui n’en sont pas peu fiers). Les plus malins d’entre vous nous diront que si c’est ainsi qu’on l’appelle, c’est certainement qu’il y a une raison ; oui, mais laquelle ?

Le Baiser, sculpture d'Auguste Rodin au musée Rodin (Paris)
Le Baiser, sculpture d'Auguste Rodin au musée Rodin (Paris)

Tout d’abord, on reconnaît un vocabulaire anglophone ; d’accord, c’est ultra simple, mais il faut bien commencer par chercher quelque part…

 

Et effectivement, j’ai raison (ne riez pas !), l’expression se serait banalisée auprès des soldats anglophones à leur retour d’Europe, après la Première Guerre mondiale. A cette époque, les Français étaient réputés pour avoir des « pratiques sexuelles aventureuses » : bien qu'en état de siège, Paris demeure la capitale des plaisirs. Les soldats américains ont un réel choc culturel en découvrant la liberté sexuelle à la française ; confrontés à la mort sur le front, ils découvrent la vie, le vin et les Parisiennes et leur façon si particulière d'embrasser. Ils enrichiront ainsi la langue anglaise d'une expression toute à notre honneur (ou pas).

 

En espagnol on dit aussi beso francés (« baiser français »), mais là pour des raisons qui me dépassent. Restons sur le French kiss, voulez-vous ?

 

Ce baiser particulier était désigné au XIXe siècle sous le terme de « baiser florentin », comme le montre Guillaume Appolinaire dans sa Chanson du Mal-aimé (1903) : « […] Amour vos baisers florentins / Avaient une saveur amère / Qui a rebuté nos destins. […] ».

 

Mais le baiser désormais connu sous le nom de French kiss était déjà connu par les contemporains de Plaute, poète latin du IIème siècle avant notre ère : « Fais de moi un serpent, donne-moi deux langues », dit un esclave à une jeune fille dans un de ses textes, Le Persan.

 

Enfin à la préhistoire il n’était pas lié à la sexualité mais à l'amour maternel. À cette époque, les femmes donnaient la béquée aux bébés : elles prémâchaient les aliments puis régurgitaient la bouillie dans la bouche du petit. Ainsi elles nourrissaient leurs enfants mais en plus elles leur transmettaient des anticorps contre les virus et les maladies de l'époque grâce à leur salive.

 

En français on dit désormais « galocher », depuis l’édition 2013 du Petit Robert ; ce mot d’argot dérive de la galoche, chaussure de patin à glace. Pour plus d’information sur les informations contenues dans ce paragraphe uniquement, voir l’article dédiée sur le site du Guardian (en anglais).

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