La genèse du mètre

Jusqu'au XVIIIème siècle il n'a existé aucun système de mesure unifié, et malgré les tentatives de Charlemagne et de nombreux rois après lui, la France comptait parmi les pays les plus inventifs et les plus chaotiques dans le domaine, une sorte de french touch.

 

Il existait ainsi en France en 1795 plus de sept cents unités de mesure différentes, empruntées pour la plupart à la morphologie humaine: le doigt, la palme, le pied, la coudée, le pas, la brasse (de la taille du bras, non d’une brasse en natation...). Et comme si ce n’était pas suffisant, à ce nombre incroyable d’unités, s’ajoute le fait qu’elles variaient d'une ville à l'autre, d'un corps de métier à l'autre, mais aussi selon l'objet mesuré (par exemple la superficie des planchers s'exprimait en pieds carrés et celle des tapis en aunes carrées).

 

En gros, c’était juste un bazar effrayant.

 

Source d'erreurs et de fraudes lors des transactions commerciales, cette situation fut notamment blâmée dans les cahiers de doléances lors des Etats généraux du royaume, en 1789, convoqués par Louis XVI qui y perdit la tête.

 

En effet, à mesure que l'industrie et le commerce prenaient de l'ampleur, une harmonisation des mesures se faisait de plus en plus pressante et nécessaire ; en 1775, Condorcet rêvait déjà d’une unité de mesure commune à toutes les nations, ce qui devrait selon lui simplifier les rapports humains et ouvrir sur une ère de progrès technique et scientifique.

 

Comme vu précédemment, les longueurs étaient mesurées en référence à l'humain, mais comme chaque être humain est différent, on prenait dans la plupart des cas le roi comme référence, ce qui était un symbole monarchique fort. En pleine période révolutionnaire, il fut ainsi décidé de supprimer toute référence à un homme particulier, de choisir un étalon non humain unique et d'utiliser des multiples et sous-multiples de 10 ; le climat de réforme qui s’établit permit de précipiter le choix d'un étalon, et dès le 19 mars 1791 le mètre, base du nouveau système métrique, était théoriquement défini comme égal à la dix millionième partie du quart du méridien terrestre. De là, on a pu déterminer toutes les unités qui en découlent : le litre, le gramme, le mètre carré, le mètre cube, le kilomètre…

 

De février 1796 à décembre 1797, seize mètres-étalons gravés dans du marbre furent placés dans Paris et ses alentours, pour familiariser la population avec la nouvelle mesure. Il en existe toujours quelques-uns, et vous pouvez toujours en voir un au 36 de la rue de Vaugirard.

 

Le système métrique décimal à la fois simple et universel commence alors à se propager hors de France. Le développement des réseaux ferroviaires, l'essor de l'industrie, la multiplication des échanges exigent des mesures précises. Adopté dès le début du XIXème siècle dans plusieurs provinces italiennes (c’était avant l’unification de ce pays en 1870), le système métrique est rendu obligatoire aux Pays Bas dès 1816 et choisi par l'Espagne en 1849. Cette situation s’explique par le fait qu’à l’échelle de l’Europe c’est alors la France qui mène culturellement et économiquement ce qui implique que les autres doivent suivre pour rester dans la course.

 

Après 1860 les adhésions se multiplient gagnant les pays d'Amérique Latine, et un nombre conséquent de pays l'ont déjà adopté.

 

Néanmoins, ces pays sont dépendants de la France chaque fois qu'il s'agit d'obtenir des copies exactes des étalons du mètre et du kilogramme. Cette subordination à la France, ajoutée au manque d'uniformité dans l'établissement des copies, risque de compromettre l'unification souhaitée.

 

Pour éviter cette situation de dépendance, la Convention du Mètre est un traité international signé le 20 mai 1875 à Paris (France) par dix-sept Etats dans le but d'établir une autorité mondiale dans le domaine de la métrologie, le BIPM. De nos jours, ce traité a été ratifié même par la Corée du Nord !

 

 

BIPM (Bureau International des Pidos et Mesures)

 

 

Le Bureau International des Poids et Mesures (BIPM) a son siège près de Paris, son entretien est assuré à frais communs par ses États membres et il fonctionne sous la surveillance exclusive du Comité International des Poids et Mesures (CIPM).

 

Il a pour mission d'assurer l'unification mondiale des mesures physiques, ainsi que la propagation directe des unités (comme pour les masses et le temps), et la coordination des comparaisons internationales des étalons nationaux (comme pour l'électricité et les rayonnements ionisants).

 

Le BIPM emploie plus de 70 personnes de différentes nationalités pour un budget en 2013 de plus de dix millions d'euros.

 

Si vous ne savez pas par exemple pourquoi ce bureau ne dépend pas de l’ONU, sachez que moi non plus. Mais vous pouvez aller le leur demander sur leur site internet.

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